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Lundi 21 mars 2011 1 21 /03 /Mars /2011 23:09

L’echange

fiche de synthese

 

 

Toute relation à autrui est-elle un échange ?

 

 

Eléments d’introduction.

 

  • Le sujet demande de définir la relation que j’ai à autrui, ou plus exactement de savoir si l’on peut analyser et comprendre l’ensemble des relations que j’ai à autrui comme un échange, c’est-à-dire une relation réciproque où j’ai à donner et à recevoir.
  • Cette question pose problème d’abord parce que le champ d’autrui et donc des rapports que je peux avoir à lui est vaste. Peut-on établir un fond commun entre les rapports que j’entretiens avec mes amis, ma famille, des inconnus, etc… Cependant, le sujet me demande précisément de ne m’intéresser qu’aux rapports qui sont des relations. La distinction que l’on peut établir est qu’un rapport peut être une simple coexistence, alors qu’une relation implique nécessairement une certaine intimité. Je peux avoir des rapports avec des inconnus (un rapport d’hostilité naturelle, d’étrangeté ou au contraire de fraternité), mais je n’ai de relation, quelqu’en soit le mode, qu’avec des personnes que je connais.
  • Or, ces relations sont-elles toutes des échanges ? Cela supposerait que ma relation a autrui est toujours motivée par la poursuite d’un intérêt car ce que j’y donne, c’est en espérant recevoir quelque chose en retour. Et, en effet, comment comprendre que j’entretienne des liens assez suivis et proches avec autrui, sinon que j’aie quelque chose à y gagner puisqu’ils représentent bien plutôt par ailleurs des obstacles potentiels à la réalisation de ma volonté. Si je m’en rapproche, c’est donc que je peux en attendre quelque chose en échange.
  • Pourtant, quelle place accordée dans cette configuration à ces relations particulières que sont les relations affectives ? Qu’ai-je à gagner à tomber amoureuse ou même à m’occuper de mon enfant ? Il semble au contraire que la caractéristique de ces relations est qu’elles sont désintéressées, gratuites, parfois (souvent) même vont à l’encontre de mon intérêt ?
  • Mais l’échange est-il toujours intéressé, économique en un sens ? Le dialogue, la discussion ne constituent-ils pas des échanges gratuits, qui nous sortent de la sphère de l’intérêt particulier ? En ce sens, ne peut-on pas trouver une définition de l’échange transversale à toutes les modalités de relation à autrui qui peuvent exister ?
  • Problématique : est-ce que je n’entretiens de relation à autrui que parce que j’y poursuis un intérêt, ou y a-t-il autre chose qui me motive à construire de telles relations ?

 

I. Société et échange.

 

Insociable sociabilité.

Le fondement de la société, c’est l’échange d’intérêts. Les autres – sans que j’y sois forcément ouvertement hostile – représentent nécessairement pour moi des obstacles potentiels. Ils font partie de ce monde matériel qui m’entoure et dont je sais que je ne peux pas toujours le plier à ma volonté. Je sais donc qu’ils peuvent représenter un obstacle pour mes actions. Pourtant, je sais également que j’ai quelque chose à gagner à entrer en société. En dépit donc des difficultés que j’éprouve à supporter autrui, je m’associe avec eux. Référence : Kant – Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique ou Adam Smith – cf plus bas.

 

Société et économie.

Ce que j’ai à gagner à entrer en société, c’est avant tout de voir satisfaits mes besoins, d’améliorer et faciliter ma survie grâce aux échanges économiques et au partage des compétences qui règnent dans la cité. Plusieurs références possibles : Platon ou Aristote (la cité = la communauté autarcique, donc c’est la division du travail qui permet de la constituer).

 

Société et contrat.

La cité est donc une entité artificielle, qui est le fruit d’un contrat, d’un pacte : on a donc des contractants qui – par définition – acceptent en signant le contrat de donner quelque chose pour recevoir quelque chose en retour. Référence : Rousseau ou Hobbes.

 

Transition. Ainsi, toute relation à autrui est avant tout basée sur des échanges car elle s’inscrit dans un lieu (la société civile) qui est lui-même constitué comme une totalité cohérente grâce aux échanges économiques qui permettent de le constituer. Mais dire que toute relation à autrui est un échange, c’est dire plus que cela : c’est dire que les relations que j’entretiens à autrui s’arrêtent là, ne sont jamais plus que cela. Or, n’avons-nous pas des exemples qui nous permettent d’envisager l’inverse ? Que penser par exemple dans ce cadre de la famille ?

 

II. Famille, amis, etc… ma relation à autrui.

 

         A. La famille.

Comme nous l’avons dit les relations à autrui ne sont pas de simples rapports. Ainsi, si la société constitue le lieu fondamental de toute relation à autrui, on ne peut pas pour autant en conclure que toute relation à autrui peut être réduite aux échanges qui constituent la société. Ainsi, le premier lieu de socialisation pour un individu est la famille. Or, comme entité naturelle, la famille suppose que les relations que j’y entretiens avec autrui ne soient pas uniquement des échanges. Je ne contracte pas ces relations par intérêt ni par convention, puisqu’au contraire ce sont des relations naturelles. Cf Rousseau – Discours sur l’économie politique.

 

B. Autrui et pouvoir.

Or, qu’est-ce qui distingue ici précisément les relations filiales des relations sociales ? C’est bien que l’autorité du père est unilatérale, alors que les relations sociales sont réciproques. Dans la mesure où elles sont unilatérales, ces relations ne sont donc pas des échanges, au contraire, elles s’y opposent très rigoureusement.  cf Platon – Gorgias. Ainsi, les actes qui peuvent paraître instaurer un échange, un dialogue, un contrat avec autrui (relation de travail, discussion), se transforment en actes de pouvoir et de domination où l’échange n’a plus de mise puisqu’au contraire, l’un donne et l’autre se contente de prendre (non-réciprocité) ou l’un prend plus qu’il ne donne (déséquilibre). Si les relations à autrui s’inscrivent ainsi dans un cadre rendu possible à la base par la mise en place d’échanges entre individus égaux, sous bien des aspects au contraire elles se transforment en rapports de domination et de pouvoir. Même dans le dialogue, il peut y avoir une opération de pouvoir d’un individu sur un autre.

 

C. Echange et rapport de force.

Ainsi, dans les relations de travail par exemple, ce qui peut apparaître comme un échange peut se révéler être une relation déséquilibrée. Pour qu’il y ait véritablement échange, il ne faut pas seulement une réciprocité (l’un donne et l’autre reçoit) mais il faut aussi une homogénéité des rapports, c'est-à-dire un rapport qui ne soit pas un rapport de force. Référence possible : Marx – le contrat de travail.

 

Transition. Mais, échanger, est-ce nécessairement donner pour recevoir ? Nous avons vu jusqu’ici que toute relation à autrui n’était pas nécessairement une relation d’échange car elle pouvait être non-réciproque ou déséquilibrée. C’est supposer qu’échanger, c’est nécessairement satisfaire l’intérêt de l’autre afin de favoriser la réalisation de mon intérêt. Or, l’échange peut aussi viser un intérêt commun, et pas seulement deux intérêts particuliers. Echanger, ce peut être partager, c’est-à-dire construire et élaborer un monde commun.

 

III. Autrui et échanges désintéressé.

 

Autrui et conscience de soi.

Ainsi, la substance plus que l’origine des relations à autrui est à trouver dans l’élaboration d’une intersubjectivité, d’un monde commun qui construit chacun d’entre nous mais dépasse la question du pur intérêt. Référence : Sartre.

 

Echange et dialogue.

C’est ce que nous expérimentons dans le dialogue, qui est précisément ce moment précis où nous échangeons sans chercher à satisfaire nos intérêts. Référence : Merleau-Ponty.

Par N'DIAYE - Publié dans : Plans de cours TES
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