Présentation

Vendredi 3 avril 2009

Hannah Arendt

Eléments biographiques et bibliographiques

 

14 octobre 1906 – naissance à Hanovre.

1924 – entame des études de philosophie, philologie classique et de théologie. Elève d’Heidegger, Husserl, Jaspers, fréquente Jonas.

1928 – soutient sa thèse de doctorat, sous la direction de Jaspers, consacrée au concept d’amour chez Augustin.

1929 – s’installe à Berlin, se marie avec Günther Stern.

1933 – fuit l’Allemagne nazie, s’installe à Paris, rencontre Brecht, Benjamin.

1940 – se remarie avec Heinrich Blücher (a divorcé en 1937).

5 mai 1940 – est enfermée au camp d’internement de Gurs près de Montauban.

Juin 1940 – libérée, s’enfuit à Lisbonne.

Mai 1941 – s’installe à New York. Travaille comme éditorialiste de la revue juive allemande de New York, dirige l’ « organisation de reconstruction de la culture juive », travaille aux éditions Schocken Books.

1951 – Les origines du totalitarisme. Succès et célébrité immédiats.

1952 – 1956 – La condition de l’homme moderne, la crise de la culture, essai sur la révolution

1963 -  Eichmann à Jérusalem : rapport sur la banalité du mal.

1963-1967 – devient professeur de philosophie politique à l’université de Berkeley, Chicago.

1967 à 1975 – professeur à la New School for Social Research, New York.

1972 – Du mensonge à la violence.

4 décembre 1975 – mort à New York

 

L’œuvre et la pensée d’Hannah Arendt constituent des moments essentiels de la philosophie politique. Ce sont les événements du XX° siècle qui l’y amènent naturellement. Sa pensée tente de reconsidérer les rapports entre la vie contemplative et la vie active que distinguait déjà Aristote, partant du constat de la défaillance de la pensée occidentale, dont les événements tragiques du XX° siècle sont le symptôme.

Premier objectif de sa réflexion : analyser l’aliénation du politique. Le politique est devenu la politique, c’est pervertit en raison du développement des doctrines utilitaristes, de la valorisation de la production, l’ensemble débouchant sur une conception purement instrumentaliste du pouvoir, consacrant la violence comme au mieux un mal nécessaire, au pire un moyen légitime. En se contentant d’une définition de la politique comme une opposition entre les individus et l’Etat, on s’est éloigné de l’idéal aristotélicien notamment d’une cité harmonieuse, voire « amicale ».

Ainsi, ce qui fait défaut aux individus des sociétés contemporaines, c’est un monde commun auquel ils puissent se sentir liés par un sentiment d’appartenance. D’où un certain repli sur soi, qu’incarne par exemple une pensée comme celle de Descartes. D’où également la naissance des idéologies qui nous permet de masquer l’incapacité dans laquelle nous sommes tous (et pas seulement les philosophes) de comprendre le monde qui nous entoure.

Deuxième objectif de sa réflexion : cerner un domaine spécifique du politique, qui ne soit ni celui de la philosophie et de la pensée normative, ni celui de l’objectivité scientifique. C’est dans le jugement et le sens commun que se trouve la solution. En formulant un jugement, tout individu cherche implicitement l’adhésion d’autrui et crée par là ce monde commun qui faisait défaut.

Par N'DIAYE - Publié dans : Pour approfondir et prolonger le cours...
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