Présentation

  • : le blog aidandiaye
  • : Vous pouvez me joindre à l'adresse suivante : aidandiayepetit@gmail.com.
Vendredi 27 octobre 2006 5 27 /10 /Oct /2006 09:56

La dissertation

Quelques conseils de méthode

 

 

I. Remarques préliminaires.

 

Comme leur nom l’indique, ces conseils ne sont que des conseils, c'est-à-dire qu’ils peuvent être très bien suivis et pour autant aboutir à un résultat catastrophique, ou ne pas être suivis et aboutir à un très bon résultat. En dernier ressort, vous êtes le seul et unique juge de la forme adéquate pour exposer votre raisonnement. Toutefois, ces conseils servent d’une part à vous faciliter la tâche, c'est-à-dire à vous signaler les erreurs à ne pas commettre ou à vous indiquer le chemin à suivre pour parvenir plus facilement au résultat souhaité. D’autre part, ils servent à vous donner des indications sur la forme que doit prendre une dissertation pour être reconnue et considérée comme telle par votre correcteur, ce qui est nécessaire pour l’épreuve du baccalauréat.

Pour que ce document ne soit pas trop long, je n’ai mis aucun exemple. Les exemples sont à chercher dans le cours, ou dans les corrections des devoirs.

 

 

II. Qu’est-ce qu’une dissertation ?

 

Une dissertation c’est un exercice dans lequel vous répondez à une question qui vous est posée. Elle se développe en trois temps :

-         l’introduction : premier moment qui consiste à prendre acte de la question posée, l’analyser, et montrer que vous avez compris le problème philosophique qu’elle pose[1],

-         le développement : deuxième moment dans lequel vous exposez les arguments, exemples et références vous permettant d’affirmer la réponse qui sera la vôtre.

-         la conclusion : dernier moment dans lequel vous apportez de manière ferme et définitive une réponse au sujet.

 

Ces trois moments sont nécessaires pour que le devoir que vous rendez soit considéré comme une dissertation. Si vous n’avez pas d’introduction par ex, ou pas de conclusion, vous serez pénalisé en conséquence.

 

III. L’introduction.

 

Comme il a déjà été dit, dans l’introduction vous posez le problème. Cela signifie que l’introduction ne doit jamais être négligée, car c’est le moment où vous vous appropriez le sujet, où vous pouvez montrer que vous avez compris pourquoi on vous le pose et que vous prenez la question au sérieux. C’est aussi essentiellement le moment du questionnement, cela signifie qu’il faut vous garder de répondre au sujet, d’apporter des exemples ou des références (tout simplement parce que ce n’est pas le moment, parce que vous n’avez pas la place de le faire). L’introduction se compose de trois moments (qu’il est souhaitable de distinguer clairement – en faisant un nouveau paragraphe pour chacune de ces parties par ex.) :

-         analyse du sujet : dans ce premier moment, vous rendez compte de vos analyses préliminaires c'est-à-dire d’une manière générale vous exposez pourquoi la question posée est un problème. La plupart du temps, cela passe par la mise en avant de la polysémie des termes du sujet car c’est souvent en fonction du sens qu’on donne aux mots utilisés que la réponse diffère. Dans ce premier moment de l’introduction, vous devez donc réaliser un double travail de définition des mots du sujet, et de problématisation en montrant comment le fait d’entendre tel mot de telle ou telle manière impliquera une réponse différente d’une autre. Ce travail de définition est important pour vous permettre de saisir de la spécificité du sujet. C’est bien pourquoi il faut vraiment être attentif à définir tous les mots du sujets, et pas seulement ceux qui font l’objet d’une partie dans le programme.

-         L’annonce de la problématique. Tout le travail fait dans la première partie de l’introduction doit déboucher sur une problématique. La problématique est une question, une reformulation de la question du sujet, qui manifeste que vous avez bien compris le problème posé par le sujet. Cela signifie que la problématique ne doit jamais être le sujet. Dans un premier temps en tous les cas, pour que cela soit plus simple, vous pouvez formuler la problématique sous forme d’alternative – pour bien montrer que vous avez compris le problème, c'est-à-dire précisément qu’il existe plusieurs réponses possibles et a priori indécidables. La difficulté ici est de trouver une problématique ni trop fermée pour que le sujet soit traité dans toute son étendue et toute sa complexité, ni trop large pour que vous ne soyez pas hors-sujet.

-         l’annonce du plan.  Le plus difficile pour cette partie de l’introduction est de parvenir à annoncer le plan avec une certaine élégance. Si vous n’y arrivez pas, l’annonce « classique » (dans un premier temps nous verrons que, puis dans un deuxième temps, etc…) suffira. Sans cela, annoncer le plan sous forme de question est une bonne manière de le faire avec un peu plus d’élégance.

 

En tous les cas, il est impératif que ces trois moments soient présents dans chacune de vos introductions. Il est préférable de rédiger l’introduction après avoir terminé votre plan, ne serait-ce que parce que sans cela vous ne pourrez pas faire l’annonce du plan. Par ailleurs, veillez à toujours apporter une attention toute particulière à votre introduction, c’est la première chose que lit votre correcteur et en cela c’est déterminant.

 

 

IV. Le développement.

 

A. Le plan et les transitions.

Le développement est composé de plusieurs parties et sous-parties que vous organisez selon le plan élaboré au brouillon. À ce titre, il est important de comprendre le plus rapidement possible que vous n’avez pas terminé votre plan tant que vous n’avez pas vos transitions, c'est-à-dire les moments où vous expliquez pourquoi l’on passe d’une partie à une autre ou d’une sous-partie à une autre. Les transitions sont essentielles à plus d’un titre, d’une part parce qu’elles vous permettent de bien – à chaque moment de votre raisonnement – expliquer en quoi ce qui vient d’être dit constitue un élément de réponse au sujet et, surtout, d’expliquer vers quoi on va, et pourquoi il est nécessaire de rebondir (si vous ne le faites pas, on ne comprend pas pourquoi le devoir ne s’arrête pas là !). Pour les transitions entre les parties, cela signifie non pas que vous devez vous contredire, c'est-à-dire dire dans la transition en quoi ce que vous venez de dire est faux, mais montrer en quoi c’est insuffisant pour répondre au sujet, ce qui justifie précisément qu’on passe à une nouvelle partie, c'est-à-dire à une nouvelle hypothèse qui permette d’apporter une réponse plus satisfaisante au sujet. Les transitions entre vos parties devront comprendre les moments suivants : conclusion sur la partie qui vient de se terminer, moment de « rebond » où vous expliquez en quoi ce qui a été dit jusqu’à présent est insuffisant pour résoudre le problème (souvent grâce à une redéfinition des termes), annonce de l’hypothèse qui sera étudiée dans la partie à venir. Pour les transitions entre les sous-parties, vous devez justifier l’ordre de vos sous-parties pour que l’on n’ait pas l’impression que vous vous contentez de juxtaposer des idées dans un ordre aléatoire. D’une manière générale, il est conseillé de choisir l’ordre du plus simple au plus compliqué, du plus évident au moins évident, etc, etc…

 

B. Les parties.

Le nombre de parties n’est pas rigoureusement figé. Seule compte, la rigueur de votre argumentation et sa force de conviction. Toutefois, il est conseillé de faire trois parties : une seule partie risque de vous amener à développer un propos qui sera trop partiel et unilatéral, deux parties risquent de vous amener à proposer une réflexion trop binaire (pour/ contre), plus de trois parties risquent de manifester votre incapacité à synthétiser et par ailleurs en 4h vous n’avez pas le temps de développer de manière rigoureuse plus de trois parties.

Chacune de vos parties doit proposer une hypothèse de réponse au sujet. Comme il a été dit plus haut, vous ne devez jamais vous contredire. Il ne s’agit donc pas de dire dans la seconde partie le contraire de ce qui aura été dit dans la première partie, et ainsi de suite, mais de montrer dans chacune des parties les hypothèses alternatives qu’on peut proposer pour répondre au sujet, les différences résidant dans les différents sens apportés aux mots du sujet. Il est nécessaire d’exposer différents points de vue possibles, parce que cela vous permet d’avoir une analyse du problème dans son entier, et de répondre aux objections possibles que l’on pourrait vous opposer. La troisième partie doit proposer une hypothèse définitive, qui vous permette de dépasser et de résoudre les difficultés et tensions soulevées dans les premières parties.

 

C. Les sous-parties.

Dans chaque sous-partie, vous apportez un élément pour soutenir l’hypothèse qui est la vôtre dans cette partie. Chaque sous-partie apporte donc un élément de réponse au sujet. Vous devez l’organiser en trois moments :

-         annonce de l’idée de la sous-partie – en votre nom propre toujours et jamais par l’intermédiaire d’un auteur.

-         amener l’argumentation qui permet d’appuyer cette idée, c'est-à-dire les raisons qui motivent le fait que vous l’affirmiez.

-         amener un exemple ou une référence qui vient illustrer ou appuyer l’idée que vous venez d’argumenter. Les références permettent d’approfondir ce qui a été argumenté par vous plus haut. Toutefois, vous devez toujours veiller à ne pas vous contenter de réciter un auteur, mais bien d’utiliser ce qui est directement utile pour traiter le sujet, répondre à la question qui vous est posée par le sujet.

-         chaque sous-partie doit se terminer par une conclusion interne dans laquelle vous précisez bien explicitement en quoi ce que vous venez de dire a apporté des éléments de réponse au sujet.

 

 

 

 

V. Conclusion

 

La conclusion ne doit en aucun cas être un résumé. Vous devez y répondre de manière ferme et définitive au sujet. Cela signifie que vous devez commencer votre conclusion par répondre au sujet. Il faut éviter les solutions relativistes (ça dépend des fois), tout simplement parce que c’est précisément parce que la réponse dépend d’un certain nombre de conditions que la question vous a été posée. Vous devez donc trancher dans cette conclusion (ce qui ne signifie pas que vous ne pouvez pas apporter quelques nuances). Après avoir donc d’abord répondu au sujet, vous devez ressaisir les arguments principaux qui motivent cette réponse – dans un ordre logique et non chronologique, c'est-à-dire par ordre d’importance et pas nécessairement dans l’ordre d’exposition que vous avez adopté dans le développement.



[1] Je rappelle la distinction problème/question : la question appelle une réponse simple et immédiate (quelle heure est-il ?), le problème soulève plusieurs réponses alternatives possibles et indécidables a priori, il faudra justement tout l’examen de la dissertation pour pouvoir apporter une réponse à ce problème (Dieu existe ?).

Par N'DIAYE - Publié dans : Méthode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés