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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 11 2009 09:22

 

TEXTE DE LEVINAS (Humanisme de l’autre homme)

 

Introduction

 

-         voir que c’est un texte sur autrui et situer la question philosophique : la question d’autrui, c’est une double question : celle de l’intersubjectivité : le rapport d’une conscience à une autre conscience, et celle de l’humanité, la relation à un individu de la même espèce que la mienne.

-         Problème : qu’est-ce qui se joue dans l’intersubjectivité ? Au nom de quoi, pourquoi, respecter autrui ?

-         Thèse : le simple surgissement de l’autre sous sa forme humaine (le visage et ses expressions) est une injonction éthique qui m’est faite de le respecter au nom de son humanité.

-         Problématique : ce qui paraît difficile à comprendre à la première lecture c’est ce qui justifie ce statut de l’autre à mes yeux car Lévinas le présente comme quelque chose d’immédiat et quasiment de non conscient.

-         Plan : 1er paragraphe, comment le visage interpelle la conscience, 2ème paragraphe le sens éthique de ce bouleversement.

 

Premier paragraphe

 

-         identifier que le visage dont il est question est celui de l’autre : voir « l’absolument autre » (l.4), « l’exigence d’Autrui » (l.12). Le rapport que j’entretiens à l’autre est ici analysé au niveau de l’autre dans son immédiateté, à travers le visage qui recueillerait la forme humaine de l’autre. Il nous est dit que ce visage intime un ordre à la conscience et « arrête la disponibilité de la conscience ».

-         conscience = ici deux choses : « intentionnalité » (conscience de quelque chose) et « égoïsme » (conscience de soi).

-         Le visage apparaît comme immédiatement régulateur (« signifie » c'est-à-dire qu’il est synonyme de). Deux choses à comprendre donc : quel est ce « commandement », cet « ordre » et pourquoi est-ce qu’il « arrête la disponibilité de la conscience » ? Que m’ordonne le visage d’autrui.

-         On trouve la réponse l.6-7 : c’est l’égoïsme qui est bouleversé, c'est-à-dire que la conscience –ici le Moi comme conscience de soi- est contrainte de sortir d’elle-même, de ne plus se penser comme centrée sur elle-même.

-         Cette mise en question – c'est-à-dire que le Moi est déstabilisé et contraint à interroger ses propres certitudes, son statisme,  n’est pas une « prise de conscience de cette mise en question » : cela signifie qu’il ne s’agit pas d’un processus conscient et construit, rationnel et discursif ( ou par exemple je prendrais conscience de l’humanité d’autrui en le rapportant à l’idée universelle d’humanité) mais immédiate. D’où l’idée que cet ordre est immédiat et « irrécusable », c'est-à-dire qu’on ne peut pas le contourner (par exemple le problème de tuer quelqu’un qui vous regarde dans les yeux).

-         L’autre est qualifié ici d’absolu c'est-à-dire qu’il est irréductible à la conscience et au moi, qui dans la conscience, ramène toujours ce qu’il pense à moi. D’où la phrase l.5-6 et toute la fin de ce paragraphe. La conscience est intentionnalité, elle vise son objet et en le pensant le ramène à Moi – je suis conscient de cette table : elle est opposée comme objet à moi comme sujet. C’est la raison pour laquelle l’autre jaillit dans le champ des choses qui nous entourent comme réfractaire à ce processus. Ce processus suppose une conversion : la chose devient objet, « contenu de conscience », image représentée dans mon esprit.

 

Deuxième paragraphe

 

-         ce bouleversement prend une portée éthique.

-         Dans le processus courant de conscience (l. 10 à 12) le sujet est le départ et la finalité de tout : d’où l’idée d’identification, de retour « triomphal » faisant écho à « égoïsme ». Si la conscience est intentionnalité, c’est que, comme le dit Sartre, elle est toujours happée en dehors d’elle-même, mais il y revient aussi toujours comme le centre du monde : le fait d’être conscient, c’est peut-être l’intentionnalité qui lie ma conscience à l’extérieur, mais c’est aussi la stabilité que le « je » assure dans ce rapport à l’extérieur. Or, comme on l’a vu dans le 1° paragraphe, l’intersubjectivité ébranle cette certitude et cette stabilité (« mise en question », « bouleverser » « désarçonne », et ici « s’expulse de ce repos »). C’est la raison pour laquelle ce bouleversement ne peut arriver à la conscience car ce serait déjà revenir au Moi stable et satisfait. Par nature, le visage de l’autre échappe donc à la conscience comme intentionnalité, transformation du monde extérieur en monde d’objets pour moi, sujet, et par conséquent m’intime cet ordre éthique qu’on peut qualifier de respect.

 

Je rajoute pour info la fin du texte :

« Être Moi, signifie, dès lors, ne pas pouvoir se dérober à la responsabilité, comme si tout l’édifice de la création reposait sur mes épaules. Mais la responsabilité qui vide le Moi de son impérialisme et de son égoïsme - fût-il égoïsme du salut – ne le transforme pas en un moment de l’ordre universel, elle confirme l’unicité du Moi. L’unicité du Moi, c’est le fait que personne ne peut répondre à ma place. »

 

Par N'DIAYE - Publié dans : Corrigés DS/DM
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